Lundi 4 août 2008 1 04 /08 /Août /2008 21:34
Jacques Louis David a peint en 1787 La mort de Socrate.
Ce tableau montre d'une part l'obstination de Socrate qui face à la mort, clame toujours
haut et fort ces idées, notamment avec cet index pointé vers le ciel.


Revenons sur cette phrase tout d'abord afin de mieux comprendre l'évènement tel qu'il est
décrit dans Phédon de Platon (Socrate aurait prononcé cette phrase juste avant sa mort), puis à travers le tableau.

Asclépios est le dieu grec de la médécine. Sacrifier un coq en son honneur est une des offrandes les plus pratiques pour les rites sacrificiels en sa faveur. Cet animal particulier symbolise par son chant au lever du soleil, le salut tel un psychopompe, il conduit l'âme des morts vers le repos. On peut aussi voir également sous la libération d'un corps qui pourra désormais jouir d'un bonheur sans fin.
Socrate ainsi peut avoir exprimé le souhait qu'un philosophe détaché de la mort a, de se libérer des contraintes corporelles qui l'empêche de pouvoir travailler son intellect.
L'interprétation de Nietzsche considère Socrate comme un malade, (il donne l'expression de plusieurs symptomes, laideur, tendance au vice, hallucinations, colérique), et que conscient de cette maladie, il se sauvera par la mort.

Voici donc dans quel contexte se place ce tableau. On notera la présence présumée de Platon en vieillard blanc.
Le style est assez proche de Raphaël et du Caravage qui ont fortement inspiré le peintre.
La lumière est insistante sur Socrate lui-même et sur les visages dépités et plein de componction à l'égard du geste fatal du philosophe. On ressent ainsi un contraste important entre la pose assise, le doigt pointé vers le ciel, et les gestes désespérés de ces disciples.

Jacques Louis David est un peintre engagé, député de paris en 1792, qui a pris position dans le paysage politique de l'époque, en votant la sentance ultime pour Louis XIV et militant ardemment contre la monarchie absolue. Il y fait un hommage à Diderot dans ce tableau qui est mort 3 ans auparavant, et qui comme Socrate, a été condamné pour ses idées en étant incarcéré en prison pendant une période importante de sa vie. Par son pinceau, il véhicule ici la valeur de la liberté des Lumières, liberté de penser et de s'exprimer.


Par Maël - Publié dans : Arts
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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /Juil /2008 15:50
"Il y a longtemps qu'on sait que le rôle de la philosophie n'est pas de découvrir ce qui est caché, mais de rendre lisible ce qui précisément est visible, c'est-à-dire de faire apparaître ce qui est si proche, ce qui est si immédiat, ce qui est si intimement lié à nous-mêmes que nous ne le percevons pas " <Michel Foucault>

Par cet incipit, le lecteur comprendra aisément que ce qu'il trouvera dans ce support a un lien étroit avec la philosophie, et plus particulièrement en l'associant avec le titre de celui-ci, à l'expression d'une dialectique personnelle et bilatérale je l'espère grâce à vous.

"Toute connaissance est une réponse à une question." <Gaston Bachelard>

Ainsi donc, ce que je souhaite apporter par la multitude de petits articles qui suivront dans ce blog, ce sont des questions, auquel je tenterais de donner une réponse, ma réponse.
Mais une réponse parmi tant d'autre qui n'aura pas la prétention d'être la seule. Les commentaires seront là pour vous inviter à exprimer la votre.
Ces interrogations seront une invite à la connaissance, un témoignagne de ma curiosité pour une particularité, un détail qui aura une importance notable pour ma personne, et peut être également pour vous.
Parfois ce sera un partage de mon émerveillement pour une chose insignifante, qui pourra être communicatif.

In fine donc, il s'agit de peindre chaque jour une nouvelle fenêtre, d'une couleur différente et d'une forme différente, avec son paysage extérieur que chacun dessinera à sa façon en interprétant les quelques lignes accouchées par mon esprit.
Ces fenêtres seront un rapport étroit avec la connaissance que ces articles essayeront de retranscrire (le nom des catégories est éloquent à ce sujet).

Rappelons ou informons à tous ce que notre encyclopédie informatisée (Wikipedia
) nous dit à propos du titre de ce blog :

  1. ce que l'on sait que l'on sait — ou affirmé comme tel. Socrate ici procédait avec son ironie lorsqu'il souhaitait faire passer le message à ses interlocuteurs que ce qu'ils prétendaient savoir ne reposait que sur des préjugés et autres idées sans fondements ; Il peut s'agir ici des faux savoirs...
  2. ce que l'on sait que l'on ne sait pas — application de l'ironie
  3. ce que l'on ne sait pas que l'on sait : et là s'appliquait l'art maïeuticien du philosophe ;
  4. ce que l'on ne sait pas que l'on ne sait pas — tout le champ de l'inimaginable par chacun et justifiant l'intervention du philosophe, illustré par l'accompagement exposé dans l'allégorie de la Caverne du Livre VII de la République de Platon : maïeutique.
Ainsi, je vous parlerais du savoir. Par l'intermédiaire d'une problématologie en relation le plus souvent avec les arts (architecture, sculpture, peinture, littérature, musique, danse, cinéma, opéra, photographie), la société ou la culture générale.
Car j'estime que les arts, et le questionnement nous aide à mieux appréhender, à mieux esquisser, cerner, ou comprendre ce que nous vivons.
Ces questionnements par la maïeutique ou l'ironie se feront à travers les personnes que je rencontre pour leur faire surgir leurs idées.
Au delà du concept Socratique de ces mots, j'irais bien au delà, puisque Socrate affirme qu'il n'est capable de s'accoucher lui-même. Je tenterais donc innocemment et sans présomption l'expérience en me posant ici-même des questions pour susciter mon intellect à y répondre.

On pourra dire que dans l'ensemble le blog s'écarte un peu de son titre, qui par toujours est trop réducteur et trop imprécis, mais cette introduction vous aura posé les premières pierres et tracé le contour des réflexions qui suivront dans cet sphère de discussion.

En quelques mots concernant le pourquoi de ce blog, pour ceux qui se posent la question. La réponse est simple :
- Développer ma capacité d'écriture
- Cadrer mes réflexions personnelles
- Susciter la curiosité d'autrui sélectivement sur des choses dignes d'une telle attention.

Bonne lecture


Par Maël - Publié dans : Philosophie
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